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La situation des casinos des Côtes d’Armor

Les casinos français ne sont pas au mieux de leur forme. Ceux des Côtes d’Armor ne font pas exception à cette observation. Leurs dirigeants annoncent une baisse moyenne du chiffre d’affaires de 10 %.

Le casino de Saint-Quay-Portrieux

Cet établissement, appartenant au groupe Aupiais, est celui qui souffre le moins de la conjoncture actuelle. En effet, sa fréquentation évolue peu et son chiffre d’affaire atteint les 11 millions d’euros. Les jeux de table, comme le poker, réalisent 8 à 10 % du produit brut des jeux des 120 machines à sous.

Le casino de Fréhel

Cet établissement, appartenant aussi au groupe Aupiais, est proche de la place de Sables-d’Or-Les-Pins. Son produit brut des jeux est de 4,8 millions d’euros en 2008, ce qui représente seulement une chute de 1 %. « Nous avons cependant une augmentation de 14,5 % en décembre 2008 par rapport à décembre 2007 », tempère néanmoins le directeur, Hugo Corbillé.

Le casino du Val-André et celui de Perros-Guirec

Le premier, appartenant au groupe Partouche, connaît quant à lui une baisse de 6 % de sa fréquentation. Son chiffre d’affaire est de 6,2 millions d’euros. Le second, appartenant au groupe Barrière, perd 5,8 % de ses joueurs et réalise un chiffre d’affaire de 9 millions d’euros.

L’analyse des dirigeants

Hugo Corbillé tempère la situation. Pour lui, « c’est normal que le marché se stabilise. Pendant 10 ans nous avons eu une progression à deux chiffres puis à 8 et 9 % sur cinq ans ». Le directeur du casino du Val-André, Patrice Le Brun, trouve plusieurs raisons à ces mauvais résultats : « L’interdiction de fumer en janvier, l’accroissement des contrôles d’alcoolémie le soir, le manque de touristes l’été dernier et la crise actuelle qui développe inquiétude et crainte du chômage ». Pour le responsable de l’établissement de Perros-Guirec, Jean-Michel Le Déon, la chute de fréquentation a commencé à la fin du printemps et au tout début de l’été : « avec une nette dégradation. Pour 2009, tout dépend du contexte social, nous ne sommes pas prioritaires dans la consommation des ménages ». Pour contrer la désertion de leurs clients, les directeurs misent beaucoup sur les animations et les spectacles. En plus de la crise économique internationale, les établissements de jeu d’argent ont aussi à faire face à l’interdiction de fumer dans les lieux publics et la multiplication des sites de casino en ligne.

La réaction des maires

Une majeure partie des taxes sur le chiffre d’affaire des casinos, 85 %, vient remplir les caisses de l’état. Le reste, 15 %, revient aux communes sur lesquelles ils opèrent. Généralement, une part non négligeable du budget des villes provient des établissements de jeu. Ainsi, la situation des casinos concerne aussi directement les maires, notamment à Perros-Guirec où il a reversé, par exemple en 2007, 1,2 million d’euros. « Cela représente entre 8 à 10 % de nos recettes », annonce Yvon Bonnot, maire de la ville. Il pense que sa commune est moins vulnérable que d’autres qui comptent beaucoup sur les taxes, du casino qu’elles abritent, qui peuvent représenter jusqu’à 30 % des rentrées financières. Pourtant, il n’en est pas moins inquiet. « Moins de recettes pour les collectivités, ce sont moins d’investissements, [explique-t-il]. Des chantiers notamment qui font travailler les entreprises locales. Avec des recettes également en baisse en provenance de l’État, ça finira par faire beaucoup… »

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